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Les Tours Génoises en Corse

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Publié le 30/08/2015 | Edité il y a 8 mois
Tours Génoises

Prévenir les incursions barbaresques

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Les tours génoises ont été construites sur le littoral insulaire en tant que fortifications destinées à donner l'alarme suite à la vue de navires barbaresques au large. Des invasions qui déferleront notamment à partir du XVe siècle après à la prise de Constantinople par l'empire Ottoman marquant le début des razzias sur les côtes méditerranéennes semant mort et désolation, réduisant en esclavage les populations.

La majorité des tours du littoral corse ont été édifiées sous l'impulsion de la république de Gènes entre la fin du 13e siècle et la déclaration d'indépendance de 1735, d'où leur appellation généralisée de tours génoises.

Suite à ces attaques et la montée de l'inquiétude insulaire, la république de Gènes prit la décision de bâtir plusieurs dizaines de tours fortifiées.

Tours de guet

Il s'agissait à proprement parler plus de prévention que de protection. Malgré les mâchicoulis et la possible présence de canons, les tours s'apparentaient à des logements fortifiés sur un promontoire dominant la mer et dans lesquelles une garnison de 2 à 6 hommes "i torregiani" relativement peu armés, se relayaient comme sentinelles 24h sur 24 les yeux rivés sur la mer, redoutant l'apparition de navires pirates.

Signal d'alarme

L'alerte était immédiatement donnée depuis la terrasse, via des signaux visuels ou sonores (feux, fumée, colombu) d'un autre point plus à l'intérieur des terres, à la vue de navires ennemis. Ce système d'alerte permettant aux villageois de gagner du temps, de se réfugier et d'être mieux préparés face aux incursions barbares. Certaines tours furent parfois le théâtre de combats entre torregiani et envahisseurs.

Postes douaniers

Les tours revêtaient également un tout autre rôle, puisqu'elles servaient aussi de postes douaniers pour les échanges commerciaux.

Combien de tours génoises compte la Corse?

La plupart des tours fortifiées ont été construites sous l'occupation génoise, alors que certaines comme la Tour Paoline de Nonza l'ont été sous un autre commandement. Le nombre de tours fortifiées toujours présentes sur l'île est de 83 (47 en Haute-Corse et 36 en Corse du Sud) avec une concentration plus importante sur le Cap Corse. Près de 8 tours sur 10 sont restées dans un bon état, alors que d'autres ont été partiellement voir totalement détruites au cours de l'Histoire comme la Tour de Padulella (à San Nicolao) construite au milieu du XVIe siècle et dont il ne subsiste plus de trace. Au XVIIIe siècle au plus fort des incursions ennemies, l'île en dénombrait près de 120 dont un quart rien que dans le Cap Corse.

Caractéristiques d'une tour Génoise

Remarquables par leur position et leur structure, parfois classées monuments historiques comptent parmi les plus célèbres d'entre elles, la tour de la Parata à Ajaccio aux îles Sanguinaires.

Positionnées stratégiquement, chacune des tours possède son Histoire. La pierre utilisée pour ces édifices varie selon la géologie des lieux. Ainsi, on trouvera dans le Cap Corse, des Tours en pierres de schistes, alors qu'on trouve dans le sud, les Tours sont plutôt en pierres de granit.

Les Tours génoises du Cap Corse

Le Cap Corse compte la plus forte concentration de tours génoises de l'Île, on en dénombre 29, dont 18 sur la côte Est, et 11 sur la côte Ouest. Il faut dire que les cap corsins ont payé un lourd tribu dans les razzia perpétrées par les turcs qui massacraient, pillaient et réduisaient en esclavage les populations locales.

La région naturellement ouverte sur l'Europe, était une terre de viticulture, céréalière, et commerçante, passée de la prospérité à la pauvreté après les assauts répétés. En 1530, l'Evêque du Nebbiu Monseigneur Agostino Giustiniani fait état d'une perte de 80 navires sur les six dernières années, de famine et d'un appauvrissement généralisé de la population cap-corsine. Le gouverneur Pietro Giovanni Salvago écrivit également le coût pour les villageois qui devaient par la suite racheter la liberté des membres de leur famille, réduits en esclaves par les troupes ottomanes. (1)

(1) Les Tours du littoral de la Corse, Sentinelles de la mer, XVI - XVIIIe siècle - Page 29 - Ouvrage d'Antoine-Marie Graziani aux éditions Alain Piazzola

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